Le glossaire du VPN : chiffrement, kill switch, no-log, protocole
Un article sur les VPN utilise vite des mots comme kill switch, no-log ou WireGuard, en supposant que tout le monde sait déjà ce qu’ils signifient. Ce n’est pas notre approche sur ce site : chaque terme technique mérite une explication claire, en français simple, avant d’être utilisé ailleurs.

Ce glossaire rassemble les termes que vous croiserez le plus souvent en choisissant ou en utilisant un VPN, classés par thème plutôt que par ordre alphabétique, pour que vous puissiez suivre une logique plutôt que chercher une lettre au hasard.
Les fondamentaux
VPN
Abréviation de Virtual Private Network, réseau privé virtuel en français. Un logiciel qui chiffre votre connexion et fait transiter votre trafic par un serveur distant, masquant votre adresse IP réelle. Notre article qu’est-ce qu’un VPN détaille ce principe en profondeur.
Adresse IP
Le numéro d’identification unique attribué à votre appareil sur internet, un peu comme une adresse postale numérique. Un VPN remplace votre adresse IP réelle par celle de son serveur, ce qui masque votre localisation apparente.
Tunnel (tunneling)
Le nom donné au canal chiffré créé entre votre appareil et le serveur VPN. Toutes les données qui y transitent sont protégées, un peu comme un tuyau opaque qui empêche quiconque de voir ce qui circule à l’intérieur.
Client et serveur VPN
Le client désigne l’application installée sur votre appareil, celle que vous ouvrez pour vous connecter. Le serveur est la machine distante, gérée par le fournisseur, qui reçoit votre trafic chiffré et le relaie vers internet.
Fournisseur VPN
L’entreprise qui édite le service et gère l’infrastructure de serveurs. Le choix du fournisseur compte autant que celui du protocole ou du prix, puisque c’est lui qui applique concrètement sa politique de confidentialité annoncée.
Sécurité et confidentialité
Chiffrement
Le procédé qui transforme vos données en un format illisible pour quiconque ne possède pas la clé nécessaire pour les déchiffrer. C’est le cœur de la protection qu’offre un VPN, indépendamment du protocole utilisé.
La norme de chiffrement la plus répandue chez les VPN sérieux, considérée comme extrêmement robuste. Le nombre 256 fait référence à la longueur de la clé utilisée, plus ce nombre est élevé, plus le chiffrement est difficile à casser.
No-log (politique de non-conservation des données)
L’engagement d’un fournisseur à ne conserver aucune trace de votre activité de navigation une fois la connexion terminée. Cette promesse ne vaut vraiment que si elle est vérifiée par un tiers indépendant, voir le terme suivant.
Audit indépendant
Une vérification technique de l’infrastructure d’un fournisseur, réalisée par un cabinet externe spécialisé, comme Deloitte, Mozilla ou Securitum. C’est ce qui distingue une politique no-log prouvée d’une simple promesse marketing.
Kill switch
Une fonction qui coupe automatiquement votre connexion internet si le tunnel VPN venait à se rompre, plutôt que de vous laisser basculer sans prévenir sur votre adresse IP réelle. Certains fournisseurs, comme NordVPN, proposent un kill switch au niveau de chaque application plutôt que pour l’appareil entier.
Fuite DNS (DNS leak)
Une faille qui laisse transiter vos requêtes de résolution de noms de domaine en dehors du tunnel VPN, révélant les sites que vous consultez malgré la protection activée. Les VPN sérieux intègrent une protection contre ce type de fuite.
Fuite IP et WebRTC
Une fuite IP expose votre adresse réelle malgré le VPN actif, souvent à cause d’une faille dans le navigateur liée à la technologie WebRTC, utilisée pour les appels vidéo directement dans le navigateur. Un VPN bien conçu bloque ce type de fuite.
HTTPS
Le protocole qui chiffre la communication entre votre navigateur et un site web, reconnaissable au petit cadenas dans la barre d’adresse. Il protège cet échange précis, mais pas l’ensemble de votre trafic comme le fait un VPN.
Attaque de l’homme du milieu (man-in-the-middle)
Une technique où un pirate s’interpose discrètement entre vous et le site que vous consultez, souvent sur un wifi public non sécurisé, pour intercepter ou modifier les données échangées. Un VPN neutralise ce risque en chiffrant la connexion avant qu’elle n’atteigne le réseau public.
Pare-feu (firewall)
Un système qui filtre le trafic entrant et sortant d’un réseau selon des règles définies. Certains gouvernements ou entreprises utilisent un pare-feu pour bloquer spécifiquement les connexions VPN détectées.
Warrant canary
Une déclaration publiée régulièrement par certains fournisseurs pour signaler qu’ils n’ont reçu aucune demande gouvernementale d’accès aux données. Sa disparition soudaine du site est parfois interprétée comme un signal indirect qu’une telle demande a pu être reçue.
Split tunneling
Une fonction qui permet de choisir quelles applications passent par le VPN et lesquelles continuent d’utiliser votre connexion normale. Utile par exemple pour garder une application bancaire locale hors du tunnel tout en protégeant le reste.
Fonctionnalités avancées
Serveurs RAM-only (sans disque dur)
Des serveurs qui fonctionnent entièrement en mémoire vive plutôt que sur un disque de stockage classique. Toutes les données présentes disparaissent automatiquement à chaque redémarrage, ce qui renforce concrètement une politique no-log.
Multi-hop (Double VPN)
Une fonction qui fait transiter votre connexion par deux serveurs VPN successifs, dans deux pays différents, plutôt qu’un seul. Elle renforce l’anonymat au prix d’une vitesse de connexion réduite.
Tor over VPN
Une combinaison qui fait passer votre connexion par le réseau Tor après un premier chiffrement VPN. Une option avancée, plus lente qu’un usage VPN classique, réservée aux besoins de confidentialité les plus poussés.
Les protocoles du glossaire du VPN
Protocole VPN
L’ensemble des règles techniques qui définissent comment votre appareil et le serveur VPN communiquent et se chiffrent mutuellement. Le choix du protocole influence à la fois la vitesse et le niveau de sécurité de votre connexion.
OpenVPN
Un protocole historique, open source, réputé pour sa sécurité et sa fiabilité, mais plus lent et plus gourmand en données que les protocoles plus récents comme WireGuard.
Un protocole plus récent, plus léger et généralement plus rapide qu’OpenVPN, tout en offrant un niveau de sécurité équivalent. Il consomme aussi moins de batterie sur mobile, un avantage réel au quotidien.
IKEv2
Un protocole particulièrement apprécié sur mobile pour sa capacité à rétablir automatiquement la connexion après une coupure réseau brève, par exemple en passant du wifi aux données mobiles.
L2TP/IPSec
Une combinaison de deux technologies plus anciennes, encore présente chez certains fournisseurs mais généralement moins recommandée aujourd’hui face à WireGuard ou OpenVPN, plus modernes.
PPTP
Un protocole ancien, aujourd’hui considéré comme dépassé et peu sécurisé. Sa présence dans les options d’un fournisseur n’est pas en soi un problème, mais mieux vaut éviter de l’utiliser si des alternatives plus récentes sont disponibles.
Contournement et blocages
Géoblocage
La restriction d’accès à un contenu ou un service selon le pays détecté de l’utilisateur, généralement pour des raisons de droits de diffusion. Un VPN contourne cette restriction en simulant une connexion depuis un pays autorisé.
Obfuscation (serveurs obfusqués)
Une technique qui déguise le trafic VPN pour qu’il ressemble à une navigation web classique, plus difficile à détecter par les systèmes de filtrage. Particulièrement utile dans les pays où l’usage d’un VPN est activement recherché et bloqué.
Inspection profonde des paquets (DPI)
Une technologie utilisée par certains gouvernements ou opérateurs pour analyser le trafic réseau et identifier la signature spécifique d’une connexion VPN, même sans en connaître le contenu exact. C’est ce mécanisme que l’obfuscation cherche à déjouer.
Throttling
Un ralentissement volontaire de la bande passante appliqué par un opérateur ou une autorité, sans annoncer officiellement de coupure. Nous l’avons documenté concrètement dans notre article sur le blocage au Gabon.
Confiance et juridiction
Juridiction
Le pays dans lequel une entreprise VPN est légalement enregistrée, ce qui détermine les lois auxquelles elle doit se conformer, y compris en matière de demandes gouvernementales d’accès aux données.
Alliances de renseignement (5, 9, 14 Eyes)
Des accords de coopération entre services de renseignement de plusieurs pays, qui peuvent faciliter le partage d’informations entre eux. Un fournisseur basé hors de ces alliances est parfois perçu comme offrant une protection juridique supplémentaire.
Politique de confidentialité
Le document qui détaille précisément quelles données un fournisseur collecte, pourquoi, et pendant combien de temps il les conserve. Toujours utile à consulter avant de choisir un VPN, au-delà du simple argument marketing no-log.
Usage courant
Connexions simultanées
Le nombre d’appareils que vous pouvez connecter en même temps avec un seul abonnement. Un critère important pour un usage familial, certains fournisseurs autorisant jusqu’à dix appareils, voire un nombre illimité.
P2P (peer-to-peer)
Un mode d’échange de fichiers directement entre utilisateurs, sans serveur central. Certains VPN limitent ou interdisent ce type de trafic sur leurs serveurs, un point à vérifier si cet usage vous concerne.
Proxy
Un serveur intermédiaire qui redirige votre trafic sans nécessairement le chiffrer, contrairement à un VPN. Un proxy masque votre adresse IP pour un usage ponctuel, mais n’offre pas la même protection globale de vos données.
Wifi public
Un réseau sans fil accessible à plusieurs personnes dans un lieu partagé, cybercafé, aéroport, hôtel. Ces réseaux sont souvent moins sécurisés qu’une connexion privée, ce qui en fait l’un des contextes où un VPN est le plus utile.
SmartDNS
Une technologie qui redirige uniquement les informations de localisation nécessaires pour débloquer un contenu géo-restreint, sans chiffrer l’ensemble du trafic comme le fait un VPN. Plus rapide, mais nettement moins protecteur pour vos données.
Adresse IP dédiée
Une option payante proposée par certains fournisseurs, qui vous attribue une adresse IP qui vous est propre plutôt que partagée avec d’autres utilisateurs. Utile pour éviter certains blocages qui ciblent les adresses IP génériques des VPN grand public.
IPv4 et IPv6
Deux versions du système d’adressage IP utilisé sur internet. IPv4 reste le plus répandu, tandis qu’IPv6 se déploie progressivement pour répondre à la pénurie d’adresses disponibles. Un bon VPN doit gérer les deux pour éviter une fuite via l’un ou l’autre.
Perfect Forward Secrecy
Un mécanisme qui génère une nouvelle clé de chiffrement à chaque session, plutôt que de réutiliser toujours la même. Même si une clé venait à être compromise, les sessions passées et futures restent protégées.
Web profond et dark web (deep web, dark web)
Le web profond désigne simplement les pages non indexées par les moteurs de recherche classiques, comme une boîte mail privée. Le dark web en est une sous-partie accessible uniquement via des logiciels spécifiques comme Tor, souvent associée à tort au seul usage d’un VPN.
Bande passante
Le volume de données que vous pouvez transférer à travers le VPN. Certains fournisseurs gratuits la limitent à quelques gigaoctets par mois, tandis que la plupart des offres payantes la proposent illimitée.
Latence
Le temps que met une donnée pour faire l’aller-retour entre votre appareil et un serveur. Une latence élevée se traduit par un délai perceptible, surtout gênant pour les appels vidéo ou les jeux en ligne.
Essai gratuit remboursable
Une formule qui donne accès à l’intégralité d’un service payant pendant une période fixe, généralement 30 jours, avec remboursement intégral si vous résiliez avant l’échéance. Différent d’un VPN entièrement gratuit, qui reste limité en permanence.
VPN toujours activé
Un réglage disponible sur Android et iOS qui force l’application VPN à rester connectée en permanence, coupant l’accès internet si elle venait à se désactiver. Un complément utile au kill switch propre à l’application VPN elle-même.
Questions fréquentes
Faut-il connaître tous ces termes pour utiliser un VPN ?
Non. La plupart des applications VPN grand public fonctionnent avec un simple bouton, sans configuration technique. Ce glossaire sert surtout à mieux comprendre les critères qui distinguent un bon fournisseur d’un autre moins fiable.
Quel est le terme le plus important à retenir pour bien choisir un VPN ?
S’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait sans doute audit indépendant : c’est ce qui transforme une promesse marketing comme le no-log en garantie vérifiable.
WireGuard est-il toujours meilleur qu’OpenVPN ?
Pas systématiquement, mais WireGuard est généralement plus rapide et plus économe en données, ce qui en fait un bon choix par défaut, en particulier sur une connexion mobile limitée.
Un VPN gratuit propose-t-il les mêmes protections que celles listées ici ?
Pas toujours. Certains VPN gratuits sérieux offrent un chiffrement correct et un kill switch, mais l’audit indépendant et le choix du protocole restent des critères à vérifier au cas par cas.
Pourquoi certains VPN évitent-ils le protocole PPTP aujourd’hui ?
PPTP présente des faiblesses de sécurité connues depuis plusieurs années. Sa présence parmi les options d’une application n’est pas dangereuse en soi, tant que vous choisissez un protocole plus récent comme WireGuard ou OpenVPN.
La juridiction d’un VPN a-t-elle plus d’importance que son prix ?
Cela dépend de votre usage. Pour une navigation quotidienne basique, le prix et la simplicité comptent davantage. Pour un usage plus sensible, la juridiction et l’existence d’un audit indépendant méritent une attention particulière.



